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Préparation & plans de course

Marathon en 3h45 : on a refait toute la prépa nutritionnelle d'Hélène, semaine par semaine

On a refait la prépa nutritionnelle d'Hélène, 38 ans, pour son premier marathon en 3h45 : carb-loading, dîner d'avant-veille et ravito répété.

L’équipe Mon NutritiShop 6 min de lecture
Marathon en 3h45 : on a refait toute la prépa nutritionnelle d'Hélène, semaine par semaine

Hélène, 38 ans, n’avait jamais dépassé le semi-marathon. Six mois plus tard, elle a franchi la ligne de son premier marathon en 3h45, sans le moindre coup de mou sur la fin. On a repris sa prépa nutritionnelle avec elle, semaine par semaine, parce que ce qui a tenu ce jour-là ne s’est pas joué le matin du départ : tout s’est décidé dans les semaines d’avant.

Le profil de départ : 38 ans, 4 sorties/semaine, un premier marathon visé en 3h45

Au moment d’attaquer le bloc final, Hélène courait depuis deux ans. Quatre sorties par semaine : deux footings, une séance de seuil, une sortie longue le week-end qui montait progressivement vers 32 km. Côté alimentation, rien d’extravagant : une assiette équilibrée, du pain complet, des féculents le soir d’entraînement.

Son objectif de 3h45 correspondait à une allure d’environ 5 min 20 au kilomètre, soit un peu moins de 4 heures de course. À cette intensité, le corps puise lourdement dans le glycogène, ces réserves de sucre stockées dans les muscles et le foie. Le problème : ces réserves plafonnent autour de 400 à 500 g chez un coureur amateur, soit l’équivalent de 1600 à 2000 kcal. Largement insuffisant pour tenir 42 km. D’où l’enjeu de sa prépa nutritionnelle : remplir le réservoir au maximum avant le départ, et apprendre à le réalimenter en courant.

La première chose qu’on lui a dite : son erreur classique de débutante aurait été de tout miser sur le dernier dîner. La nutrition d’un marathon se construit sur des semaines, pas sur une assiette de pâtes la veille au soir.

Les 3 dernières semaines : affûtage, sorties longues nourries et tests des produits du jour J

L’affûtage (la réduction progressive du volume d’entraînement) a commencé à J-21. Le volume a baissé d’environ 20 % la première semaine, puis 40 %, puis 60 % la semaine de course. L’intensité, elle, a été maintenue sur des touches courtes pour garder les jambes vives.

Côté nutrition, ces trois semaines ont servi à une chose : répéter. À chaque sortie longue, Hélène mangeait exactement ce qu’elle prévoyait d’avaler le jour J. Un gel toutes les 35 à 40 minutes, de l’eau régulièrement, une boisson d’effort sur la dernière heure. C’est ce qu’on appelle l’entraînement digestif : habituer l’intestin à absorber des glucides en pleine course. Sur ce point précis, l’article Gut training : entraîner son ventre à digérer les gels avant le jour J lui a servi de feuille de route.

Concrètement, elle visait 50 à 60 g de glucides par heure sur ses sorties longues. Deux marques de gels ont été éliminées en route : l’une lui donnait des renvois acides, l’autre était trop épaisse à avaler en courant. Elle a fini par retenir un gel à 25 g de glucides avec un ratio glucose-fructose, mieux toléré que les gels 100 % glucose. Ses gels énergétiques et sa boisson d’effort étaient verrouillés trois semaines avant le départ. Plus aucune surprise possible.

La semaine de course : son carb-loading et le dernier dîner qui a tout changé

C’est là que la plupart des coureurs amateurs dérapent, et Hélène a failli faire pareil. Sa première idée : une montagne de pâtes le soir de la veille. Mauvaise approche. Le carb-loading efficace s’étale sur les trois derniers jours, pas sur un seul repas géant qui finit sur l’estomac.

De J-3 à J-1, elle a augmenté sa part de glucides pour viser environ 8 g par kilo de poids de corps et par jour. À 58 kg, cela représentait à peu près 460 g de glucides quotidiens : riz blanc, pâtes, pain, pommes de terre, banane, un peu de miel. Pas plus de protéines ni de gras que d’habitude, simplement un transfert de l’assiette vers les glucides. Pour le détail du calcul à son poids, elle s’est appuyée sur Carb-loading : combien de glucides par kilo, et pourquoi la plupart des coureurs s’y prennent mal.

Le réflexe qui a tout changé : retirer les fibres et le gras les 48 dernières heures. Fini les légumes en grande quantité, les céréales complètes, les sauces grasses. L’objectif était d’arriver sur la ligne avec un ventre tranquille, pas ballonné. Le dîner de la veille a donc été d’une simplicité radicale : riz blanc, blanc de poulet, une compote. Rien de nouveau, rien de lourd, rien de fibreux. Couchée tôt, légère, sans la sensation de digestion difficile qui gâche souvent la nuit d’avant-course.

Elle avait aussi noté un détail que beaucoup négligent : la prise de poids de 1 à 2 kg pendant le carb-loading est normale. Chaque gramme de glycogène stocké retient environ 3 g d’eau. Ce n’est pas de la graisse, c’est du carburant. Pas de panique sur la balance.

Le jour J et le ravitaillement qu’elle avait répété 5 fois à l’entraînement

Le jour J et le ravitaillement qu’elle avait répété 5 fois à l’entraînement

Lever 3 heures avant le départ. Petit-déjeuner testé et retesté : pain blanc, miel, une banane, un café léger, soit environ 100 g de glucides faciles à digérer. Puis plus rien de solide jusqu’au départ, juste des gorgées d’eau et une boisson d’attente sucrée dans la dernière demi-heure pour ne pas démarrer le réservoir entamé.

En course, elle a appliqué à la lettre ce qu’elle avait répété cinq fois : premier gel au km 8, avant la moindre sensation de faim, puis un gel toutes les 35 minutes. Sur le marathon, cela faisait environ 6 gels, soit 150 g de glucides ingérés, complétés par sa boisson d’effort et l’eau des ravitos officiels. Au total, elle tournait autour de 55 g de glucides par heure, dans la fourchette qu’elle avait validée à l’entraînement.

Le résultat est dans le détail qui fait toute la différence : pas de mur au 30e kilomètre. Là où elle s’était effondrée sur son semi six mois plus tôt, faute de ravito, elle a maintenu son allure jusqu’au bout. Pour la mécanique précise du débit horaire selon la distance, Ravitaillement course à pied : combien de glucides par heure selon votre distance et votre allure reprend exactement la méthode qu’elle a suivie.

Bilan honnête : ce qu’elle referait, et l’erreur de débutante qu’elle a évitée de justesse

Ce qu’Hélène garde de cette prépa, en trois points :

  • Tout répéter à l’entraînement. Aucun produit, aucun horaire, aucun aliment du jour J n’était une nouveauté. C’est le seul vrai garde-fou contre les mauvaises surprises digestives.
  • Étaler le carb-loading sur 3 jours, pas sur un repas. L’assiette de pâtes géante de la veille est un mythe coûteux. La recharge progressive et le retrait des fibres ont fait le travail.
  • Ravitailler tôt et régulièrement. Le premier gel avant la faim, pas après. Attendre, c’est déjà trop tard.

L’erreur qu’elle a évitée de justesse : la veille au soir, tentée par un dîner au restaurant avec des amis, elle a failli commander un plat en sauce inconnu. Elle s’est ravisée et a cuisiné son riz-poulet habituel. Le lendemain matin, ventre nickel. Un coureur de son groupe, lui, a passé les 15 derniers kilomètres à gérer des crampes d’estomac après avoir innové la veille.

La leçon tient en une phrase : un marathon réussi ne se gagne pas le jour J, il se sécurise dans les semaines qui précèdent. Reprenez votre prochaine échéance à l’envers, du départ vers J-21, et calez chaque détail nutritionnel sur ce que votre estomac connaît déjà. Pour structurer toute la dernière ligne droite, le plan jour par jour de Préparer sa semaine de course, de J-7 au départ vous donne la trame à suivre.

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